résumé
long
" Je me dis que la littérature était impénétrable et qu'elle ne pouvait en fin de compte servir qu'à appeler les divinités animales des forêts canadiennes et qu'elle n'avait d'autre finalité que de provoquer un changement brusque et venteux quand tout le reste a échoué. "

Dans ce roman d'Éric Dupont, la littérature est un continent immense, qui sert de canevas au récit d'une enfance fragile et nomade. L'auteur défriche, à coup d'anecdotes candides et de métaphores animales, le vaste territoire de ses années de jeunesse en Gaspésie, marquées par l'inconstance de son milieu familial et l'immobilisme d'une petite communauté. Né de père monarchique et de mère cuisinière de métier, Dupont sera prématurément séparé de cette dernière, qu'il tentera vainement de se réapproprier mentalement entre deux déménagements et nombreuses désillusions. Le lecteur, appelé à titre de confident, suivra les tribulations du jeune adolescent dont l'enfance demeurera placée sous le signe de l'interdiction : en effet, Éric Dupont souffrira de voir proscrire le souvenir même de sa mère, comme il se verra imposer un embargo sur le chocolat Cadbury et la parole du Seigneur. Ainsi, c'est sans filet que Dupont devra apprendre à voltiger entre les barres asymétriques qui constituent la frêle charpente de son nid familial.

Paradoxalement, c'est précisément dans cet univers prohibitif et étroit que prendra racine les fantaisies du jeune adolescent en mal d'émancipation. Son goût pour l'érudition sera insatiable et son amour des lettres constituera un apaisant exutoire. En attendant de prendre définitivement son envol, il espère de nouveaux rivages, rêve de s'envoler pour l'espace et se plaît à changer les sycomores en érables.

Sans larmes ni pathos, Dupont montre à quel point les petits chagrins quotidiens aboutissent parfois au même naufrages que les grandes catastrophes. Car il sait que malgré la distance et l'effet du temps, on se débarrasse difficilement de ses souvenirs. C'est donc à titre commémoratif qu'il invoque un bestiaire hétéroclite, peuplé de chats blanc, de bigorneaux carnivores, de grands-ducs solitaires et de chiens communistes. Porté par une écriture colorée, riche et cruellement juste, Bestiaire est un splendide et féérique écheveau de faune et de flore nordique et maritime, une histoire où les animaux sont d'un plus grand réconfort que les hommes. C'est aussi un récit au cours duquel l'un d'entre eux, Éric Dupont, tente, petit à petit, de se donner les moyens d'en devenir un.
résumé court
Le narrateur, fils de Micheline Raymond, cuisinière de métier, raconte en ces pages son enfance gaspésienne à la cour d'Henri VIII, son père policier à la Sûreté du Québec. Entre les poules dans sa remise et le poulailler de la cour de récréation, entre une baleine échouée sur la plage et un bigorneau qui sert d'œil à un marin noyé, il rêve de quitter sa terre natale à bord d'un Spoutnik ou d'un cargo russe, ou encore porté par le battement d'ailes du grand-duc d'Amérique. Dans ce récit tout en poésie sauvage, le lecteur rencontrera une galerie de personnages et de bêtes, d'Anne Boleyn à la poule Julie Santerre, du grand-père ancien bûcheron à la chienne cosmonaute Laïka errant dans le port de Matane. C'est une enfance comme une quête, dont l'objectif ultime est de franchir à jamais les frontières de la Gaspésie pour découvrir le vaste monde…
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