Eric Dupont est né à Amqui (Gaspésie) en 1970. À vingt ans, il aura déménagé vingt fois. À défaut d'être stable, son enfance aura été intéressante. Il grandira surtout à Matane, petite ville de la côte gaspésienne, où il planifiera son évasion pendant dix ans. Car il est nécessaire de le dire, Eric Dupont ne reste jamais longtemps en place. La simple idée de rester pour le reste de ses jours au même endroit le pétrifie d'horreur. Il ne faut surtout pas interpréter cette fascination du mouvement comme un rejet catégorique du passé. En fait, c'est par son excellente mémoire que le garçon retiendra souvent l'attention. D'aucuns diront que cette mémoire est trop vive et qu'il faut parfois choisir entre ce qu'il est nécessaire de garder et ce qu'il faut jeter pour pouvoir continuer à vivre.

À seize ans, il se retrouve dans la campagne autrichienne dans une famille d'accueil dans le cadre d'un échange culturel. C'est là, au bord des lacs cristallins des Alpes, qu'il prend conscience de la hauteur du monde. On dit que dans toute vie, il y a un avant et un après. L'Autriche aura joué pour lui ce rôle de pivot. Il rentre au Canada pour entamer des études littéraires à l'Université Carleton d'Ottawa. Pour payer ses études, il aura de petits boulots, notamment un poste de réceptionniste de nuit dans un hôtel-motel de passe notoire de la Montreal Road qui inspirera plus tard le Butler Motor Hotel du boulevard Saint-Laurent dans La Logeuse.

Entre 1992 et 1994, il écoute d'une oreille perplexe les séminaires et conférences du Département de littérature comparée de l'Université de Montréal. Il comprendra trop tard qu'en dépit de son nom, le Département de littérature comparée ne s'intéresse pas beaucoup à la littérature. Il parvient malgré tout à s'y approprier les thèmes qui lui sont chers : la mémoire et l'oubli. Boursier du DAAD, il passe un an à la Freie Universität de Berlin où il terminera son programme de maîtrise qui portera sur la mémoire et l'oubli. Puis, se produit un événement inattendu : il déménage à Toronto où il passera dix ans.

Dans la Ville Reine, il soutiendra sa thèse doctorale qui portera encore une fois sur l'oubli et la mémoire dans la littérature. Il obtiendra un brevet d'enseignement en 1995 et enseignera au secondaire pendant six ans. Son séjour à Toronto se terminera par la rédaction de Voleurs de sucre, paru aux Éditions Marchand de feuilles en 2004. Il quittera sa vie trépidante à Toronto en 2003 pour s'installer à Montréal d'où il entretient toujours le tendre souvenir des nuits folles de Toronto dont certains ne reviennent pas.

Depuis 2003 Eric Dupont est professeur de traduction à l'Université McGill. Il a publié trois romans. Pour le moment, il vit à Montréal. Il ne s'attend pas à ce que ça dure.
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